mercredi 1 février 2012



Je prévoyais d'aller au BHV. Avant de franchir le portique du métro, je lève la tête et lis : "en raison d'un colis piégé sur la ligne 1, le trafic est perturbé".
Pour une meilleure attente, je décide de rebrousser chemin et de prendre un café au "café du métro".  Une bonne demie heure plus tard je m'engouffre dans la rame. C'est l'heure de pointe, je me trouve comprimée dans un bloc d'humains puis le train file. A la prochaine station, il ne repart plus. Durant l'attente, où l'oeil cotoie cuirs chevelus, cous, oreilles et nez des gens et je réalise que j'ai pris la mauvaise direction, me trouvant à une station de chez moi. Dans cet étonnement, car j'étais bien sûre d'avoir pris la bonne direction, et toujours dans ce silence contri de la foule patiente, je réfléchis sur la raison de ces petites embûches, posées entre moi et mon projet d'aller au BHV . Alors les petites voix me disent : 
" tu ne dois pas te rendre au BHV. Un attentat aura lieu, ou un autre truc grave.  En ce moment la vie te joue des tours en comptant sur ta flemme pour te sauver. Restes là, laisses ce métro te déposer à la prochaine station et rentres chez toi ". Effectivement, la simple idée de devoir reprendre le métro dans l'autre sens alors que je suis tout proche de mon chaleureux foyer et encore plus éloignée de mon but, venait surtout me distiller de la flemme. 
Oui mais si ma flemme me donne bonne conscience suggérant qu'elle est escortée par une sorte de protection divine, je ne saurais jamais que cette protection divine existe et auquel cas je deviendrai de plus en plus flemmarde sans être sûre d'avoir le bonus immunité. 
Le métro n'était toujours pas parti comme s'il attendait ma décision. Alors je décidai de tester le risque dont la vie voulait m'immuniser avec ses signaux truffés d'obstacles. Je sortis de la rame avec le frisson de me diriger vers le danger et devoir faire face à l'imminente abominable catastrophe. 
Dans le métro inverse il y eut quelques sueurs, les lumières s'éteignirent mais rien de plus ne se produisit.
Au BHV j'ai pu échanger cette machine à tricotin sans devoir argumenter, et suis retournée chez moi, trajet durant lequel je me sentais perdue, abandonnée par ces petits agents divins qui vous barreraient la route pour vous mettre hors de danger. Le danger, il n'y en eut aucun, alors j'ai du admettre qu'ils n'existaient pas et que ma flemme commençait à se sophistiquer. 

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